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JUMENT POULINIERE

Tu n'est pas une maman comme les autres, tu mets au monde ton enfant sur la paille, la
plupart du temps, toute seule, sans témoin, sans
aide. Tu es si attentive à son bien-être, tu le veilles en
faisant le guet au dessus de lui, lorsqu’il est
couché! Tu lui apprends les bonnes manières et le respect de
tes lois ancestrales. Tu le remets à l'ordre
gentiment, mais fermement, par des sons doux et
roucoulants, par des attitudes corporelles et des
mouvements d'oreilles. Tout cela tu le fais naturellement, selon les lois
de la nature! Puis, un jour... Ce petit tant aimé, l’homme te le
retire... Et à chaque fois, tu exprime ta douleur par des
pleurs, hennissements terribles qui viennent
déchirer les premières nuits sans lui... Puis tu
fini par te résigner... et par oublier... Jusqu'à la
prochaine fois..
Fr


Le sais-tu, toi ma
belle ?
Le sais-tu que les
humains parlent si souvent de chuchoteurs… ??
Non, tu ne le sais pas
concrètement, mais tu vas comprendre très vite. Ton
hypersensibilité, va t’ouvrir aux paroles que je
susurre à ton oreille.
Tu sais mieux que moi,
ma belle, que c’est cette même hypersensibilité qui
fait que tes frères et sœurs ressentent inquiétude,
nervosité et peur !
Mais pour faire
disparaître l’inquiétude, il suffit de ne jamais
élever la voix, seulement rassurer avec douceur et
compréhension, près de ton oreille, comme je le fais
maintenant.
Sonder ton âme comme
tu sondes la mienne en ne laissant place qu’à
l’amour et au respect.
Tout cela, certains
humains l’on fait avant l’heure….
Avant que l’on parle
de chuchoteurs….
Il suffit, ma belle de
t’avoir vue, de t’avoir entendue, lorsque tu
rassures que tu calme et câline ton dernier né, pour
avoir la solution.
Tes regards sont des
caresses, tes gestes sont des phrases. Tes souffles
ronronnants, sourdement à travers tes naseaux
résonnent, là où les émotions sont figées.
Tu sais le mouvement
qui doit calmer, intimider, punir même. Ces
mouvements qui font vibrer ton corps de tous tes
sens…
C’est cette
hypersensibilité qui t’ouvre aux mots et qui apaise
toutes tensions.
Ma belle…Ne cherche
plus…
C’est toi le
chuchoteur…Et les humains feraient bien de s’en
inspirer !
Fr.


Les chevaux des steppes
Comme l’œil se
réjouit de voir des chevaux libres et sauvages
Qui caracolent
au travers des steppes
Buvant et
mangeant à leur gré
Dans les
ruisseaux bondissants!
Etre dans les
prés où pointent les herbes folles
Ils croisent
leur nuque
Et tendent le
dos avec colère
Pour se
dégager violemment.
La queue au
vent, ils chassent
Et courent en
bandes compactes.
Voyez les
mêmes chevaux
Que la main de
l’homme
A durement
placé sous le joug!
Ils apprennent
la fausseté et l’artifice
Ils se
détournent adroitement de toute prise.
Ils apprennent
à se cabrer et à ruer
Ils mordent la
barrière en se languissant
Du lointain
bonheur des vastes steppes.
Là ils n’ont
plus que devoirs, artifices et labeur !
Tchuang-Tsé (philosophe chinois)
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