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Hommage aux chevaux qui ont tant
souffert dans les mines

Dans la fosse profonde, où le jour
n’entre pas,
Sous la morne clarté des lampes
fantastiques,
Les chevaux de mineurs, fourbus,
mélancoliques,
Traînant les wagonnets, marchant à
petits pas.
Par la nuit sans aurore, ils vont la
tête basse,
Dans leur cerveau voilé cherchant un
souvenir ;
Et devant leurs grands yeux vagues,
parfois il passe
D’étranges visions qu’ils ne peuvent
saisir.
Ce sont de gais vallons inondés de
lumière
Où l’on trottait, rapide et les
naseaux fumants.
Ce sont des champs, des prés et des
bosquets charmants,
C’est la ferme rustique où riait la
fermière.
Et quand le vieux forçat succombe
sous l’effort,
Pendant qu’autour de lui on dit :
"Regarde, il crève !"
A sentir tous ses maux finir avec la
mort,
Il croit qu’il s’en retourne au pays
de son rêve...
Jules
Sottiaux
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