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Pour vous faire sentir le
mistral, ce poème !
Alphonse Daudet parle en provençal
de la Cabane de gardian

Cabane à la forme est bien particulière aux murs blanchis à
la chaux, son toit de roseaux est surmonté d'une croix. Le
plus souvent sans fenêtre, seule une porte vitrée laisse
entrer le jour dans l'unique pièce.
Elle est facile à construire et doit résister au climat de
Camargue. Son abside arrondie est en forme de fer à cheval
et tourne le dos au mistral pour lui offrir le moins de
prise possible.

Coumo fai bon quand lou mistrau
Pico à la porto emé si bano
Estre soulet dins la cabano
Tout soulet coumo un mas de Crau
E vèire pèr un pichot trau
Alin, bèn liuen, dins lis engano
Lusi li palun de Girau
E rèn ausi que lou mistrau
Picant la porto emé si bano,
Pièi de tèms en tèms li campano
Di rosso de la tour dòu Brau!...
Comme il fait bon quand le mistral
Frappe à la porte avec ses cornes
Être tout seul dans la cabane
Tout seul comme un mas de Crau
Et voir par un petit trou
Là-bas, loin, dans les salicornes
Luire les marais de Giraud
Et ne rien entendre que le mistral
Frappant à la porte avec ses cornes,
Puis de temps à autre les clochettes
Des chevaux de la tour de Brau.
Alphonse Daudet


Et le soir, pendant que
dans la cheminée le feu pétillera. pendant que le vent
rauque, mêlant son gémissement aux beuglements des taureaux,
fera grésiller la pluie sur le chaume ,le gardian
silencieux et pensif, le front entre ses mains, regardant
son trident, sa selle gardiane et son seden accrochés à des
cornes de bouf, reverra dans un songe, ses triomphe de
l'été.
Extrait de Amour de gardian
de Alphonse Arnaud

Un soir d'été, se sentant plus malade, devant sa cabane,
il s'assit tournant le dos au seuil ;
les yeux fixés sur la plaine, pour la dernière fois, il vit
le panorama.
Le panorama sans fin de son beau pays, son pays de
salicornes,
où au crépuscule son noir troupeau aux cornes aiguës
broutait
au son de joyeux grelots.
Extrait de
La mort du vieux gardian
de Louis Fournaud

Sur leurs blancs chevaux,
ils vont de-ci, de-là,
gardians de Camargue
qui battent la charge
à coups d'éperons.
Petits-fils des Croisés,
les tridents croisés,
ils sont les défenseurs,
gardiens du terroir,
que nous leur avons confié.
Extrait du poème
Gardians de Camargue
de Louis Fournaud

Ce soir, lorsqu'à la lune bleue, seule, pêchera la loutre,
lorsque le désert dormira et que de l'Amarée, seul, le feu
veillera,
O Marquis, près du Rhône où le castor se cache,
tu viendras sans bruit avec les félibres au rendez-vous
mystique,
mon cœur t'attendra.
Nous nous vêtirons à la mode Gardiane.
Dans le silence des salicornes tu verras,
sur les étangs, les flamants roses...
Tu auras sellé
pour moi ton plus beau cheval de taureaux ;
les clous de cuivre dans le cuir de la selle
resplendiront sous les étoiles
et l'Etoile aux Sept-Rayons brillera
au firmament.
Extrait de Chant de guerre
d'Elie Rul

...un
gardien de cavales, Véran ...
Au Sambuc, dans les grandes prairies où fleurit la
cabridelle, il avait cent cavales blanches, épointant les
roseaux des marécages.
Cent
cavales blanches !
la crinière, -- comme la massette des marais, ondoyante,
touffue et franche du ciseau . Dans leurs ardents élans,
lorsqu’elles partaient ensuite, effrénées, comme l’écharpe
d’une fée -- au-dessus de leurs cous elle flottait dans le
ciel.
Honte à toi, race humaine !
Les cavales de Camargue ; au poignant éperon qui leur
déchire les flancs, comme à la main qui les caresse ;
jamais on ne les vit soumises.
Enchevêtrées par la trahison, j’en ai vu exiler loin du
pàtis salé
Et un jour , d’un bond revêche et prompt, jeter bas
quiconque les monte ; d’un galop dévorer vingt lieues de
marécages ; flairant le vent ! et revenues au Vaccarès, où
elles naquirent, après dix ans d’esclavage, respirer
l’émanation salée et libre de la mer.
Car (à) cette race sauvage, son élément, c’est la mer : du
char de Neptune échappée sans doute, elle est encore teinte
d’écume ; et quand la mer souffle et s’assombrit, quand des
vaisseaux rompent les câbles, les étalons de Camargue
hennissent de bonheur ;
Et font claquer comme la ficelle d’un fouet, leur longue
queue traînante ; et grattent le sol, et sentent dans leur
chair entrer le trident du Dieu terrible, qui, dans un
horrible pêle-mêle, meut la tempête et le déluge, et
bouleverse de fond en comble les abîmes de la mer.
Frédéric Mistral

Je suis né, dans un coin sauvage où les taureaux noirs sont
les rois ;
et fus bercé dès mon jeune âge par les flamants roses en
émoi....
Ma maison était toute blanche, au milieu des pins et des
joncs ; et le mistral avec les branches, me composait de
belles chansons.
Je suis né, sur ce sol aride où comme Attila, le soleil fait
à la terre mille rides pour en étouffer le réveil.
Mais lorsque la lune apparaît et que sa clarté inonde les
roubines et les grands marais, on croirait voir le bout du
monde.
Je suis né, dans la plaine immense où galopent les blancs
chevaux ; au loin il y a des camps où dansent les bohémiens
près des chariots.
Et j'ai suivi la farandole qu'accompagnent les tambourins,
traîné dans cette ronde folle où chacun me tendait la main.
Ami le souhait que je vais faire en priant Dieu de l'exaucer
c'est m'endormir en cette terre dans ma CAMARGUE où je suis
né !!
Jean-Marc ALLEGRE

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