L’organisation sociale des
chevaux libres

LE HAREM FAMILIAL
Les chevaux libres
vivent en petits groupes ou harems.
Un groupe est
constitué d’un étalon de deux ou trois juments et de quelques
poulains.
Ces poulains quittent le
groupe vers l’âge de deux ou trois ans.
Une fois formé le noyau
familial reste stable, en ce qui concerne les adultes. Seuls les
jeunes changent.
L’étalon doit parfois
user de menaces et d’autorité pour évincer des rivaux éventuels
afin de garder ses juments.
Sauf événements
exceptionnels, étalons et juments resteront unis pour la vie.
Une hiérarchie s’établit
entre les juments, en fonction de leur ordre d’arrivée dans le
harem. La plus ancienne occupe le rang le plus élevé. Cette
hiérarchie demeure au cours des années.
On trouve quelques rares chevaux
solitaires qui ne vivent pas au sein d’un harem, ce sont
généralement des chevaux malades ou affaiblis par l’âge.

LES JEUNES MÂLES
Si les jeunes pouliches
quittent généralement leur famille pour aller en former une
autre, les jeunes mâles, eux, quittent leur famille pour vivre une vie de célibataire dans un
premier temps.
Vers deux ans, ils
désertent le harem familial qui les a vu naître. Ils partent
soit, d’eux-mêmes, soit c’est l’étalon qui les fait partir. Ils
s’en vont alors rejoindre une bande d’autres jeunes mâles. Là
, durant, deux ou trois ans, ces adolescents se livrent à des
jeux, et des simulacres de combats. Il font ainsi un
apprentissage du comportement qu’ils adopterons plus tard,
lorsqu’ils devront affronter d’autres étalons ! La composition de ces
bandes de célibataires change en fonction des arrivées et des
départs, mais ces bandes ne comptent pas plus de six à sept
adolescents.

LA QUÊTE DE COMPAGNE.
Il arrive que lors de sa vie de célibataire un poulain connaisse une aventure
amoureuse sans lendemain avec une petite "coquine" de pouliche un
peu fugueuse qui, ensuite, parce que trop jeune, s’en
retourne vers sa famille !!
Lorsqu’il
atteint
l’âge de quatre ou cinq ans, le jeune mâle se met à la recherche
d’une compagne stable !
Il n’est pas rare que
deux étalons qui s’étaient liés d’amitié dans un groupe de
célibataires, restent encore ensemble un certain temps avec la
même jument. Dans un tel cas, il existe une relation hiérarchique
entre les deux, et c’est essentiellement le dominant qui a droit
aux faveurs de la dame !
DOMAINE VITAL
Les chevaux qui vivent
en liberté, ne errent pas à l’aventure. Ils se montrent attachés
à un habitat dans lequel, ils ont leurs habitudes !
Ils acceptent, plus ou
moins de partager cet habitat avec d’autres harems. Tout dépend
de l’espace qui est disponible ! Et aussi de la nourriture
qu’offre cet espace !
Le cheval est un peu
casanier, il va plutôt établir son domaine vital près de la
région qui l’a vu naître et grandir. En revanche, si pour diverses
circonstances, il est obligé de quitter cet endroit, il va se
déplacer et très bien s’adapter ailleurs, sur un nouveau domaine
vital. Généralement le domaine doit être assez vaste et n’a rien
à voir avec l’espace que l’on laisse aux chevaux
domestiques….
L’étendue de ces domaine dépend aussi de la
richesse de la nourriture et des points d’eaux !
Plus la région
est aride, plus le territoire vital sera grand, bien sûr !
Mais, là ou la
nourriture est abondante, les chevaux se contentent d’une
superficie plus restreinte et se tolèrent mieux les uns les
autres. Ils n’ont pas à défendre leur subsistance !
La taille des domaines
va aussi varier en fonction des saisons !
Elles peuvent varier de
quelques kilomètres carrés à quelques dizaines de kilomètres
carrés.
PATURES ET POINTS D’EAU
Les
domaines
vitaux du cheval sont réservés à certains usages:
Les Zones de pâturage où
la nourriture est particulièrement abondante.
Les points d’eau.
Les lieux susceptibles de
servir d’abris
Haies, bosquets, qui protègent du vent et de la
pluie.
Également les lieux très
ventés où les chevaux aimeront à aller pour se protéger des
mouches, taons et moustiques. Puisque ces insectes n’aiment pas
les courants d’air !
Il faut savoir qu' une
nuée de taons est capable de prélever à un cheval un demi litre
de sang en une journée ! Jour après jour, la quantité importante
de sang prélevé par ces affreux insectes peut avoir des
conséquences dramatiques chez un cheval affaibli ou chez les
jeunes .
Les lieux marqués
Certains lieux du
territoire son réservés à la pratique sociale !
Par exemple l’endroit
pour se rouler ! Ce n’est jamais n’importe où, mais toujours
dans des endroits sablonneux, poussiéreux, quelquefois, suivant
la saison, boueux, même !
Ce type de sol assure,
en effet, un massage plus efficace pour la peau que l’herbe !
Car outre que ces
roulades sont là pour entretenir la peau, il semble que ce
comportement comprend aussi une composante sociale ! Ce qui
explique qu’elle se passe dans des endroits bien précis !
Une
roulade d’une jument, par exemple ou d’un jeune, va entraîner la
roulade d’un étalon du harem, au même endroit. L’odeur laissée
sur le terrain l’incite à se rouler au même endroit. En
superposant son odeur à celle des membres du harem ,l’étalon
laisse sa marque de mâle de son harem sur lieux !
Itinéraires balisés
Les sentiers qui sont
parcourus par différentes hardes, sont balisés par des piles de
crottin !
Chaque harde se déplace
en file indienne !
Chaque fois qu’un étalon
d’une autre harde rencontre un tas de crottin, il s’arrête, pour
le flairer et à son tour, va déposer un peu de son crottin
par-dessus celui de son prédécesseur, puis après avoir flairé
ses propres excréments, il poursuit son chemin !
Ce qui explique que ces chemins sont jalonnés de tas qui peuvent atteindre 40 cm de haut !
Il y a dans ces
pratiques une sorte de concurrence entre les étalons ! C’est une
sorte de bornage, des marques, des frontières !
Lorsqu’un étalon
rencontre des excréments de jument, il se comporte
différemment :
Il va les flairer et faire une mimique
caractéristique, puis, il va uriner dessus ! En adoptant une
position du corps différente de celle utilisée pour un simple
besoin naturel !!
Posture campée, queue
redressée !
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